Micah Nori entame sa première saison à Portland. Avant, il était assistant chez les Wolves. J’ai lu ça chez Basket USA, la farde ouverte sur la table de la cuisine.
Lors d’un entraînement brouillon, il a arrêté une opposition après trois minutes. Un mot : « Inacceptable. » Puis il a remis le chronomètre à six minutes.
Je note. Trois minutes jouées, six minutes au chrono. Il n’a pas ajouté trois minutes. Il a recommencé, et il en a mis plus. Chez nous, ça s’appelle une erreur de chrono, et c’est moi qui la corrige avec le bic rouge. Là-bas, ça s’appelle une philosophie.
Il dit qu’il veut faire passer un message avec le moins de mots possible. « Hemingway n’utilisait pas beaucoup de mots. Il allait droit au but », a-t-il déclaré. Il a même offert le « Vieil Homme et la Mer » à ses adjoints, puis il leur a fait passer un QCM de dix questions. Mike Williams a eu 9 sur 10, Jay Triano 8. Deux autres, 2 sur 10. Je ne commente pas les notes. Je les recopie.
Un mot, je connais. À la table, on ne fait pas de discours. On lève la main, on presse le bouton, la sirène parle. Après, c’est de la conversation.
Toumani Camara, lui, trouve que c’est bien : « On ne veut pas d’un entraîneur qui laisse passer les choses en se disant qu’on corrigera ça demain », a-t-il dit. Moi non plus. Demain, la feuille est signée.
Il a remis six minutes. Six minutes de plus, chez nous, c’est le concierge qui attend avec la clé, hein.
Son mot, je l’ai cherché dans ma feuille. Il n’y a pas de colonne pour « inacceptable ». Il y a celle des fautes. Elle suffit.
Chrono remis à six, ballon à la table. C’est marqué.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.







