Micah Nori, nouveau coach de Portland, ancien assistant des Wolves, a déclaré ceci à propos des joueurs : « Tout dure dix secondes. » Il veut raconter une histoire et faire passer un message sans utiliser autant de mots. « Il faut se concentrer sur l’essentiel », a-t-il dit, selon Basket USA.
Dix secondes. Mon intro du samedi en fait quarante. J’ai donc refait l’exercice, au micro, dans ma tête, version Nori.
Avant : « Mesdames et messieurs, dames en heren, c’est le moment. Il est arrivé cet été, il a passé l’été à lire, il a même fait un QCM. Faites du bruit pour… » [jingle] Deux secondes de blanc. Le prénom.
Après, version Hemingway : le noir. Le prénom. Fin.
J’ai chronométré. Trois secondes. Sans jingle. Sans « faites du bruit ». Personne ne s’est levé, sauf le concierge, qui a cru que j’avais fini et a rallumé la moitié des néons.
Bon. Lui, il fait ça à l’entraînement. Il a arrêté une opposition après trois minutes, a dit « Inacceptable. » et a remis le chrono à six minutes. Un mot, et le chrono repart à six. Ça, c’est un moment ! Scoot Henderson l’a dit : « Il peut te secouer, puis te remonter le moral. »
Mon coach de l’université disait encore moins. Il soufflait dans le sifflet, une fois. On savait.
Moi, mon mot, c’est « et uuun ». Il fait un mot aussi, mais il dure quatre secondes. Je vais garder le blanc avant le prénom. Le reste, je le coupe. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




