Le nouveau coach des Portland Trail Blazers, Micah Nori, a offert un livre à chacun de ses adjoints, en août, à sa première réunion. « Le Vieil Homme et la Mer », d’Hemingway. Il le tient de Chris Finch, son ancien patron à Minnesota, qui le lui avait offert à lui. Un livre qui se transmet de coach en coach, hein. Chez nous, ce qui se transmet, c’est la clé de la salle.
Il leur a aussi fait passer un QCM sur le livre. Dix questions. Mike Williams a eu 9, Jay Triano 8, et deux autres adjoints ont eu 2. J’ai lu ça chez Basket USA en comptant les jetons de la buvette, et j’ai eu un pincement pour les deux du fond.
Parce que moi aussi, j’ai un staff. Il y a la bénévole de la caisse, celui qui conduit le minibus, et le papa qui tient le chrono des vingt-quatre le samedi. Si je leur offrais un livre, il finirait sur l’étagère de la buvette, à côté du classeur des tombolas et de la boîte à pharmacie. On l’appellerait « la bibliothèque ». Elle aurait un livre.
Et le QCM, je ne saurais pas. Je ne sais pas noter quelqu’un qui range les chaises à minuit. Il aurait dix sur dix d’office, même sans avoir ouvert la première page. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente.
Micah Nori dit qu’il veut raconter une histoire « sans utiliser autant de mots ». Ça, je comprends. Le mot que je dis le plus, le samedi soir, c’est « merci ». Il fait un mot. Il suffit.
Deux sur dix. Je note. Je ne commente pas.
Je vais quand même chercher un vieux livre pour l’étagère. Mais d’abord, j’ai encore les chaises à ranger.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




