Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère, en Indiana. Je lui ai parlé de Toumani Camara, le Belge de Portland. Son nouveau coach, Micah Nori, ancien assistant des Wolves, a offert à chacun de ses adjoints « Le Vieil Homme et la Mer », d’Hemingway. Puis un QCM de dix questions. Mike Williams a eu 9, Jay Triano 8, deux autres 2.
Ma mère a été prof. Elle a demandé tout de suite qui avait eu 2.
Je lui ai dit que l’article ne le disait pas. Elle a trouvé ça très élégant de la part du coach.
Puis je lui ai lu Camara, traduit dans ma tête de Basket USA : « On ne veut pas d’un entraîneur qui laisse passer les choses en se disant qu’on corrigera ça demain. Et je pense que c’est son état d’esprit. » Et l’entraînement où Nori a arrêté une opposition après trois minutes, dit « Inacceptable. », et remis six minutes au chrono.
Let me tell you, ça m’a ramené en 2000. Ma première séance à Charleroi, dans la salle avec les lignes de badminton. Je ne comprenais pas encore le français. Le coach a arrêté l’exercice, il a dit un mot, et j’ai compris quand même. Je ne sais plus le mot. Je sais qu’on a recommencé, et plus longtemps.
Nori dit qu’Hemingway « allait droit au but ». Chris Finch lui avait offert le même livre à Minnesota. Un livre qui passe de coach en coach. Là-bas, on appelle ça du mentoring. Ici, on appelle ça le sac de ballons qu’on te laisse le dimanche matin.
Ma mère a demandé si j’avais lu le livre. J’ai dit que oui, il y a longtemps : un vieux pêcheur, un très gros poisson, et il rentre au port avec presque rien.
Elle a réfléchi. Elle a demandé si, dans le livre, quelqu’un avait défendu le poisson.
J’ai dit : les requins, maman. C’est eux qui ont défendu.
Elle a dit : tu vois. Il fallait faire le box-out.
Elle a raison. Elle a toujours eu raison sur ce livre-là aussi, en fait : elle me l’avait donné en 1992. Je ne lui ai jamais rendu le QCM.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




