Denver bat Utah, cent dix-sept à cent six, en présaison. Selon Eurohoops, c’était très physique, Nikola Jokić a été défié plusieurs fois, puis Jaxson Hayes l’a poussé, Jokić l’a repoussé, technique pour Jokić, et on a séparé tout ça très vite.
Très vite. Tu sais ce que j’entends, moi, dans « très vite » ? J’entends trente secondes perdues. Parce que si ça se passe dans ma salle, un samedi à huit heures et demie, je fais quoi ? Pas de commentaire sur personne, jamais. Je présente. Comme on présente un match.
« Mesdames et messieurs, dames en heren. Côté Denver, triple MVP, seize minutes ce soir, six points, cinq passes… [blanc de deux secondes] … Nikola Jokić ! Côté Utah, quatorze minutes, sept points, un contre… [blanc] … Jaxson Hayes. [jingle] Et maintenant, messieurs, vous retournez chacun dans votre moitié, et on remercie monsieur l’arbitre. Faites du bruit pour la séparation. »
Ça, c’est un moment. Les deux sont présentés, personne n’a tort au micro, la salle applaudit le fait que tout le monde se calme. Là-bas, le compte rendu tient en deux mots : rapidement séparé. C’est tout. Rapidement séparé, c’est pas un moment.
Une technique, ça ne se présente pas, Dimitri. Ça s’écrit. C’est marqué.
Et pendant que tout le monde parlait de ça, un rookie, Darryn Peterson, a mis vingt-trois points pour le Jazz. Vingt-trois. Lui, je l’aurais présenté dans le noir complet, si le concierge voulait bien. Denver a contrôlé après la mi-temps, première victoire de présaison. Chez nous, à la sono, le jingle de la séparation existe déjà. Il n’a encore jamais servi. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.






