Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. C’est elle qui a commencé. Elle avait vu passer Denver contre Utah, cent dix-sept à cent six, un match de présaison, et elle voulait savoir pourquoi des gens se poussaient en octobre dans un match qui ne compte pas.
J’ai raconté ce que j’avais lu chez Eurohoops. Un match très physique. Nikola Jokić défié physiquement à plusieurs reprises. Puis Jaxson Hayes qui le pousse, Jokić qui le repousse immédiatement, une technique pour Jokić, et on les sépare vite. Seize minutes pour lui, six points, quatre rebonds, cinq passes. Sept points et un contre pour Hayes, en quatorze minutes.
Elle a demandé : et toi, tu en penses quoi ? Let me tell you, je n’en pense rien sur eux. Deux joueurs, une séquence, l’arbitre a sifflé, c’est fini. Moi, je pense à octobre 2000. Mon premier match à Charleroi, un amical, dans une salle avec des lignes de badminton. Un gars m’a tenu le maillot tout le match. Je croyais que c’était personnel. Après, à la buvette, il m’a offert un café. Il voulait juste voir si j’allais rester.
Ma mère a voulu savoir qui avait gagné, à la fin. Denver, qui a contrôlé après la mi-temps, sa première victoire de présaison. Et un rookie, Darryn Peterson, vingt-trois points pour le Jazz. Là, elle s’est tue un moment. Là-bas, on regarde l’accrochage. Ici, on m’a appris à regarder qui a joué pendant qu’on regardait l’accrochage.
Le café après l’amical, Darnell, c’est moi qui le payais déjà à l’époque, dans d’autres clubs, hein.
J’ai dit à ma mère que dans un match qui ne compte pas, tout le monde veut quand même montrer qu’il est là. Elle a répondu que c’était pour ça qu’on appelle ça la présaison : on vérifie qui reste. J’ai pensé au café de 2000. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.



