Denver a gagné contre Utah, cent dix-sept à cent six, en présaison. Je l’ai lu ce matin, à la buvette, avant d’allumer le chauffage, qui avait décidé de ne pas démarrer avant moi.
Selon Eurohoops, c’était très physique. Nikola Jokić, triple MVP, a été défié physiquement plusieurs fois, et puis Jaxson Hayes l’a poussé. Jokić l’a repoussé tout de suite, il a pris une faute technique, et on les a séparés vite. Seize minutes de jeu pour lui, six points, quatre rebonds, cinq passes. Hayes, sept points en quatorze minutes. Et un rookie, Darryn Peterson, vingt-trois points pour le Jazz.
La présaison, chez nous, c’est le tournoi de septembre. Celui où on dit à tout le monde que ça ne compte pas, et où on remplit quand même la feuille, la buvette et le WhatsApp du club. Ça ne compte pas, mais il faut quelqu’un pour sortir les ballons, faire le café et ouvrir la salle à huit heures. Les matchs qui ne comptent pas coûtent exactement autant de clés que les autres, hein.
Alors je pense à eux, là-bas. Pas aux joueurs, ils ont fait leur match, et ils se sont séparés vite, c’est déjà bien. Je pense à la personne qui, après un match de présaison que tout le monde aura oublié dans quinze jours, a ramassé les essuies et éteint la salle. Elle aussi, elle a travaillé un soir pour rien, selon le calendrier. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente.
En 2000, mon premier match en Belgique était un amical. Chantal a raison : c’est là qu’on m’a appris où on range les chaises.
Denver a contrôlé après la mi-temps et a sa première victoire de présaison. Nous, notre tournoi est fini depuis trois semaines. J’ai encore les tables pliantes à remettre au local.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.



