Fin de première prolongation, Anvers contre Courtrai. Anvers perd la balle dans la dernière seconde. Amin Adamu tire de derrière la ligne médiane. Dedans.
Ce moment-là, je l’ai préparé toute ma vie. Je te le refais, comme un samedi soir à huit heures et demie, les deux projecteurs de la fancy-fair allumés :
« Mesdames et messieurs, dames en heren… à la sirène… numéro de Courtrai… (deux secondes de blanc) … Amin Adamu ! » [jingle]
Et là, tout s’arrête. Les arbitres vont voir la vidéo. Plusieurs minutes. Selon eux, le tir est parti une fraction de seconde trop tard. Refusé. Deuxième prolongation.
Plusieurs minutes, c’est le pire endroit du monde pour un speaker. Mon jingle est lancé ou il ne l’est pas. Je ne sais pas le mettre à moitié. Chez nous, la sono a un avis, et son avis, c’est qu’une chanson coupée au milieu ne repart jamais au même endroit. Un temps mort, c’est trente secondes de moi. Une revue vidéo, c’est trois minutes de personne.
Dans la deuxième prolongation, Anvers a creusé l’écart vite et a gagné, cent treize, cent six. Courtrai se sent lésé et fait appel. Moi, je ne tranche pas. Je présente. Je remercie monsieur l’arbitre à la fin, comme d’habitude.
Le plus fort, c’est que l’an dernier, même affiche, même Lotto Arena, deux prolongations aussi, et Elias Lasisi avait fini ça d’un buzzer beater. Celui-là, le jingle avait pu aller jusqu’au bout.
Cette année, le jingle attend l’appel. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.







