Anvers a gagné contre Courtrai, cent treize, cent six, après deux prolongations. Je l’ai lu sur Sporza, sur le coin de la buvette, pendant que le thermos refroidissait.
Deux prolongations, hein. Moi, je ne vois pas d’abord le score. Je vois la salle qui reste allumée. Chez nous, une prolongation, c’est la cafétéria qui rouvre, la bénévole des jetons qui remet son gilet et le chauffage qui se demande s’il doit continuer. Deux prolongations, c’est le chauffage qui décide tout seul, et il fait caillant pour la dernière.
Au milieu, il y a eu plusieurs minutes de revue vidéo. Un tir d’Amin Adamu, de derrière la ligne médiane, qui aurait fait gagner Courtrai, refusé parce que parti une fraction de seconde trop tard, selon les arbitres. Courtrai se sent lésé et fait appel. Ça, je ne m’en mêle pas. Je suis présidente, pas arbitre, et je ne sais même pas trouver le bouton du chrono.
Mais plusieurs minutes de vidéo, chez nous, c’est le temps de vendre une tournée de cafés à toute la tribune télescopique. Je l’aurais fait. On a besoin du minibus, et il démarre, mais pas gratuitement.
Enoch Cheeks a joué quarante-deux minutes et vingt-sept secondes. Dix-huit points, douze rebonds, quatre interceptions. Je ne suis pas jalouse, je trouve ça très bien. Je pense juste qu’après, quelqu’un a dû ramasser les essuies du banc.
Et je pense à la personne qui ferme leur salle, les soirs comme celui-là. Je lui souhaite qu’on l’applaudisse un jour. Moi, on ne m’applaudit pas non plus, d’ailleurs. J’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




