Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère, en Indiana. Je lui ai raconté Anvers contre Courtrai. Cent treize, cent six, deux prolongations.
Elle a d’abord voulu savoir pourquoi deux. Je lui ai expliqué. Dans le dernier quart-temps, Anvers est resté quatre minutes sans marquer, et Courtrai a comblé neuf points de retard. Puis, à la fin de la première prolongation, un tir d’Amin Adamu de derrière la ligne médiane, qui aurait fait gagner Courtrai. Refusé après plusieurs minutes de revue vidéo : parti une fraction de seconde trop tard, selon les arbitres. Courtrai se sent lésé et fait appel.
Ma mère a dit que chez elle, à la télé, on aurait passé l’image vingt fois. J’ai dit qu’ici aussi, on l’a regardée longtemps : plusieurs minutes, pour une fraction de seconde. Puis les arbitres ont tranché, et tout le monde est reparti pour cinq minutes de plus.
Let me tell you comment ça se passait en 2000. Ma première saison à Charleroi, une salle avec des lignes de badminton, une horloge accrochée trop haut. Un soir, un tir à la sirène, et la seule vidéo, c’était le concierge qui jurait l’avoir vu. On l’a cru. On n’avait pas le choix.
Puis elle a posé sa question. Toujours la même. Est-ce que quelqu’un a défendu ?
J’ai lu les chiffres. Anvers a perdu vingt et un ballons. Elle a soupiré. Mais Enoch Cheeks a joué quarante-deux minutes et vingt-sept secondes, avec dix-huit points, douze rebonds et quatre interceptions. Les fundamentals, c’est ça aussi.
Elle a réfléchi. Elle a dit : vingt et une pertes, quatre interceptions d’un seul gars, et ils gagnent quand même après deux prolongations. Donc quelqu’un a défendu, des deux côtés, et longtemps.
Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




