Un départ, c’est un moment. Une arrivée, c’est un moment. Alors j’ai lu BasketNews avec mon casque sur les oreilles et le jingle prêt. Selon eux, Domantas Sabonis voudrait quitter les Sacramento Kings. Tim MacMahon, d’ESPN, l’a dit sans détour : « Pour être tout à fait franc, Sabonis veut partir, et s’ils peuvent l’échanger, ils le feront. Donc il n’est pas content. C’est une mauvaise situation. »
Tout le monde est d’accord pour se quitter. Super. Je prépare l’annonce. Le noir, les deux projecteurs de la fancy-fair, le blanc de deux secondes, et puis…
Et puis rien. Brian Windhorst ajoute que Sacramento serait prêt à l’échanger, mais que les Kings ne devraient pas conclure un échange juste pour en finir. Tout échange doit « avoir du sens ». Tu imagines ça au micro ? « Mesdames et messieurs, dames en heren, accueillez… un échange qui a du sens. » Personne ne se lève. Le sens, c’est pas un moment.
Il y a même eu une tentative cet été, selon les informations : un sign-and-trade avec Detroit pour Jalen Duren. MacMahon encore : « Ce que les Kings voudraient, c’est un sign-and-trade pour Jalen Duren, en envoyant Sabonis à Detroit. Mais ça ne se fera pas. » Detroit n’avait aucun intérêt. J’avais coupé le jingle pour rien.
Ce qui me fend le cœur, c’est que ce garçon a un vrai dossier de présentation. Arrivé d’Indiana en février 2022, dans l’échange de Tyrese Haliburton. Et en 2023, il aide Sacramento à finir seize ans sans playoffs. Seize ans ! Ça, c’était une entrée dans le noir. Cette saison, seize points, quinze virgule huit rebonds, sept virgule trois passes. Il remplit toutes les colonnes de ma fiche de présentation.
Une rumeur, ça ne va pas sur la feuille. Une signature, oui.
Alors je garde la fiche dans la poche intérieure. Le jingle aussi. La ligue la plus riche du monde a tout pour faire une annonce, sauf l’annonce. Moi j’attends, au micro éteint. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.







