Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Elle avait vu Philadelphie battre Charlotte, cent neuf à cent quatre. Elle voulait comprendre une phrase.
Les Sixers étaient menés d’au moins dix points. C’est la quatrième fois cette saison qu’ils gagnent un match comme ça, en sept matchs. Tyrese Maxey a marqué trente-huit points, quinze au moins dans le dernier quart. Il tourne à vingt-neuf virgule six de moyenne, la troisième de la ligue. Et après le match, un journaliste lui parle d’une nouvelle remontée. Il répond en souriant, d’après BasketNews : « Je ne veux pas faire ça. J’en ai marre. »
Ma mère m’a demandé : il a gagné, pourquoi il se plaint ?
Je lui ai raconté 2000. Ma première saison à Charleroi, une salle avec des lignes de badminton et un chauffage qui avait ses humeurs. On perdait de douze à chaque mi-temps. Et on revenait, presque toujours. Les gens à la buvette trouvaient ça formidable. Moi, je rentrais à pied et j’avais mal partout. Let me tell you : gagner en remontant, ça fait plaisir aux spectateurs, et mal aux jambes de ceux qui jouent.
Il a dit aussi que son groupe était fait de combattants, qu’ils n’aimaient pas perdre, et que s’ils gardaient le match serré, ils seraient durs à battre. Ici, on appelle ça « on a du caractère ». Ma femme dit que c’est ce qu’on dit quand on a mal commencé.
Ma mère a écouté tout ça. Elle a réfléchi. Puis elle a dit que la solution était simple : s’il ne veut plus remonter, il faut que quelqu’un défende dans le premier quart.
J’ai dit que c’était peut-être plus compliqué. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.







