Fenerbahçe a perdu contre Valence. Sarunas Jasikevicius a dit que Valence méritait de gagner, puis il a sorti la phrase de la soirée, à Eurohoops : pour la première fois de sa vie, il a vu une équipe prendre neuf rebonds offensifs en un seul quart-temps, et il n’a jamais rien vu de pareil, ni comme coach, ni comme joueur, ni comme fan. « C’est absolument inacceptable. »
Neuf. Dans un quart. Tu sais ce que j’entends, moi ? J’entends neuf moments. Neuf fois où un speaker aurait pu prendre le micro.
Mesdames et messieurs, dames en heren… [jingle] … deuxième chance pour nos invités ce soir. Et encore. Et encore. Au quatrième, je sors le dinosaure. Au sixième, je demande au concierge d’éteindre la moitié des néons, il éteint l’autre moitié. Au neuvième, la salle entière hurle avec moi : faites du bruit pour le rebond offensif !
Lui, il était sur le banc d’en face, et pour lui c’était l’inverse d’un moment. Il a parlé d’une première mi-temps ratée, d’une équipe revenue grâce à l’attaque et pas la défense, puis de dernières possessions mal jouées. Il a dit que les changements pour être meilleur au rebond n’avaient rien donné. Je respecte. Un coach qui dit « je n’ai jamais vu ça », c’est déjà une annonce, presque une entrée dans le noir.
Chez nous, le rebond offensif, je ne l’annonce jamais. La sono n’a pas de bouton pour ça. J’ai un jingle pour le trois points, un pour le « et un », un pour le temps mort. Pour le neuvième rebond d’un quart, rien.
Je dis ça, je dis rien. Mais je vais en couper un, au cas où.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.







