Fenerbahçe a perdu contre Valence, et Sarunas Jasikevicius a été honnête : Valence méritait sa victoire. Ce qui l’a mis hors de lui, ce sont les rebonds. Neuf rebonds offensifs de Valence en un seul quart-temps. Il a dit, à Eurohoops, qu’il n’avait jamais vu ça de sa vie, ni comme coach, ni comme joueur, ni comme fan, et que c’était absolument inacceptable.
Moi, neuf fois le même ballon qui revient chez l’adversaire, je connais. Chez nous, c’est le panier réglable du fond, hein. Celui qu’on n’a jamais su remettre droit depuis le badminton. Le ballon tape, il rebondit vers la porte de la cafétéria, et c’est toujours l’équipe qui est près de la porte qui le récupère. Je ne dis pas que c’est pareil à Valence. Je dis que je comprends l’émotion.
Il a aussi dit que ses joueurs avaient été « constamment un pas plus lents que Valence », qu’ils étaient revenus en deuxième mi-temps par l’attaque, puis qu’ils avaient mal joué les dernières possessions. Et que les changements tactiques pour le rebond n’avaient rien donné.
Ça, je compatis. Chez nous aussi, on change des choses à la mi-temps. On remonte le chauffage. Ça ne donne rien non plus, mais au moins les parents restent.
Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : un coach qui dit « inacceptable » devant des micros, c’est une grande salle qui a des exigences. Chez nous, l’inacceptable, c’est la clé qu’on ne retrouve pas à minuit. Et neuf rebonds, ça reste neuf ballons. Quelqu’un les a ramassés après, dans le local. Je pense à lui.
Bon. J’ai encore les ballons à compter dans le filet, et la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




