Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Je lui ai parlé de l’Euroleague, parce qu’elle me demande toujours ce qu’on regarde ici à part nos matchs à nous.
Fenerbahçe a perdu contre Valence. Leur coach, Sarunas Jasikevicius, a dit que Valence méritait sa victoire. Puis il a dit à Eurohoops que, pour la première fois de sa vie, il avait vu une équipe prendre neuf rebonds offensifs en un seul quart-temps. Comme coach, comme joueur, comme fan, jamais vu ça. Absolument inacceptable, selon lui.
Il a aussi expliqué que la différence de physicalité, surtout au rebond, était inacceptable, et que ses changements tactiques en deuxième mi-temps pour mieux prendre le rebond n’avaient rien donné. Son équipe était revenue par l’attaque, pas par la défense.
Ma mère n’a rien dit pendant un moment. Puis elle m’a demandé si quelqu’un avait fait le box-out.
Let me tell you, ça m’a ramené en 2000. Ma première saison à Charleroi, une salle avec des lignes de badminton. Le coach nous avait fait faire du box-out pendant une heure entière, sans ballon. Une heure. Je trouvais ça bête. Le samedi, on a gagné de trois points, et l’adversaire n’a presque rien pris sous notre panier. Le coach n’a rien dit. Ici, quand on gagne, on vérifie d’abord.
J’ai répondu à ma mère que je ne savais pas, que je n’y étais pas, que je l’avais lu. Elle a dit que neuf rebonds offensifs en un quart, elle en avait vu, elle. Je lui ai demandé où.
Elle a dit : au lycée, en 1981, l’équipe de ton cousin, contre nous. Elle a dit qu’elle n’avait pas trouvé ça inacceptable. Elle avait trouvé ça logique, parce que personne ne poussait personne vers l’arrière.
Je n’avais rien à ajouter. Dimanche prochain, avec mes U10, on fera une heure de box-out, sans ballon. Les fundamentals, c’est ça aussi.
Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




