Le « et un ». Mon cri. Celui que je pousse au micro le samedi soir, dans notre hall bruxellois, quand notre ailier va au contact et que le ballon rentre quand même. Jae Crowder l’a poussé en Euroleague, contre le Zalgiris, en pointant l’arbitre du doigt. Faute technique. Il dit l’avoir fait d’innombrables fois en NBA sans sanction. Treize saisons, 812 matchs, deux Finales, et c’est en Europe qu’on lui coupe le son.
Je te refais le moment. Comme il aurait dû être.
Les deux projecteurs de la fancy-fair. Le concierge éteint la moitié des néons, il ne fera pas mieux. « Mesdames et messieurs, dames en heren, panier avec contact, le ballon est dedans, et c’est… » Deux secondes de blanc. « …Et uuun ! » [jingle] Faites du bruit.
Voilà. Le cri vient du micro, le doigt reste dans la poche, et monsieur l’arbitre fait son travail tranquille.
Ce qui s’est vraiment passé ce soir-là : un doigt, un cri, un sifflet. Puis Crowder s’est approché de l’arbitre pour lui expliquer poliment qu’il n’avait prononcé aucune grossièreté et qu’il ne savait pas qu’une telle réaction pouvait valoir une technique en Europe. Pas de jingle. Une conversation à deux.
Le cri, je ne le note pas. Le doigt, si.
Après le match à Kaunas, il a dit que l’ambiance, bruyante, ne l’avait pas impressionné. « C’est bruyant, mais j’y suis habitué », a-t-il dit à BasketNews. Moi aussi, j’y suis habitué. Le bruit est le même. Il y a juste moins de gens pour l’entendre.
Le « et un », je le garde au micro. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.






