Le Heat de Miami a refait la tête de la statue de Dwyane Wade. Il était d’accord. La première version datait du 27 octobre 2024, devant le Kaseya Center, et Omri Amrany et Oscar León y avaient passé quelque 800 heures.
Huit cents heures. J’ai fait le calcul sur le coin de la buvette, en tournant le café. Chez nous, huit cents heures, c’est tous les samedis de jeunes de neuf à dix-huit heures, la buvette tenue, les chaises rangées, le minibus conduit jusqu’à Andenne et retour, pendant presque deux saisons. Avec les mêmes trois bénévoles. Et personne ne leur fait de statue, hein.
Nous, on a le portrait du fondateur au-dessus du comptoir. Une photo, dans un cadre de la quincaillerie. Elle a jauni du côté du radiateur, parce que le chauffage a ses humeurs, et personne n’a jamais proposé de la refaire. On aurait dû demander l’avis des supporters, comme Dwyane Wade. Il a écrit qu’il voulait respecter les artistes tout en écoutant les supporters. À l’époque, il avait dit : « Elle n’a pas besoin de me ressembler. » Là, il a dit : « Pourquoi ne pas essayer de l’améliorer ? » Je trouve ça très présidente, comme phrase. C’est ce que je dis chaque année à l’assemblée générale, à propos de la tombola.
Le sculpteur Juan Carlos Carrillo avait expliqué qu’un simple lifting du bronze ne suffisait plus, qu’il fallait refaire une partie de l’œuvre. Je connais. Le minibus aussi, à un moment, on ne le repeint plus, on change la porte. Il démarre, mais on change la porte.
Et ils l’ont refaite à l’abri des regards, Chantal. Sans dévoilement dans le noir. Un gâchis de moment.
Les travaux ont été faits loin des yeux, oui. Comme le ménage chez nous. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : je leur souhaite quelqu’un qui dépoussière le bronze. Moi, j’ai encore le cadre du fondateur à redresser, et la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.






