Le Heat de Miami a changé la tête de la statue de Dwyane Wade. Deux ans après l’inauguration, le 27 octobre 2024, devant le Kaseya Center. Avec l’accord de l’intéressé. Je note.
Chez nous, une feuille signée par les deux capitaines, on n’y revient pas. C’est la règle, et c’est moi qui la fais respecter, le samedi à huit heures et demie, avec le bic à quatre couleurs. Une correction après la signature, ça demande un rapport, un mercredi soir devant le comité provincial, et une jatte de café que je ne bois pas.
Là-bas, ils ont fait mieux. À l’époque, Dwyane Wade avait défendu les sculpteurs : « Elle n’a pas besoin de me ressembler. » Deux ans plus tard, il a écrit un texte, relayé par l’Associated Press : « Pourquoi ne pas essayer de l’améliorer ? » Il dit vouloir respecter les artistes et écouter les supporters. « Il ne s’agit pas d’effacer le travail déjà accompli. » C’est exactement ce qu’on dit quand on corrige une feuille en rouge sans gommer le bleu.
Le sculpteur Juan Carlos Carrillo avait prévenu qu’un simple lifting du bronze n’était plus possible, qu’il fallait refaire une partie de l’œuvre. Je comprends. Quand une case est fausse, on ne repasse pas dessus au bic, on refait la ligne. Omri Amrany et Oscar León avaient consacré quelque 800 heures à la première version. Chez nous, une feuille, c’est quarante minutes de jeu et trois heures à l’horloge de la salle. On ne la refait jamais. On a la tablette depuis 2022, et la feuille papier au cas où.
Les travaux ont été faits à l’abri des regards. Ça aussi, je connais : une table, ça se corrige quand personne ne regarde.
Huit cents heures, Martine. Chez nous, c’est le bénévolat de toute une saison, hein.
La pose, elle, avait été choisie par Wade lui-même : le « This is my house ! » de 2009 contre Chicago. Je note : tête remplacée, accord du joueur. Correction contresignée, c’est marqué.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.



