Marjorie Carpréaux a raconté à La Dernière Heure le match contre les Pays-Bas, avec l’équipe nationale. Milieu du terrain, dedans. Action suivante, interception, Bob Cousy entre les jambes, dedans. Et là, elle s’arrête au milieu du terrain et fait une pompe. Le coach prend un temps mort. Le public applaudit plus d’une minute.
Une minute. Tu te rends compte. Moi, un temps mort, c’est trente secondes de moi. Là, le public a fait le speaker tout seul, et deux fois plus longtemps.
Alors je refais l’annonce. Samedi soir, huit heures et demie, la salle.
Le concierge éteint la moitié des néons, comme d’habitude. Les deux projecteurs de la fancy-fair sur le rond central. « Mesdames et messieurs, dames en heren… sur une pompe au milieu du terrain… le numéro de la Belgique… » Le blanc de deux secondes. « Marjorie ! » [jingle]. « Faites du bruit. »
Et là, mon problème. Mon jingle dure vingt-deux secondes, je l’ai coupé moi-même. Il me manque trente-huit secondes de musique pour tenir son ovation. J’ai essayé de le relancer en boucle à la maison, la sono a un avis, elle a sauté au deuxième tour.
Elle dit aussi qu’elle essayait d’amuser la galerie quand l’équipe était dans le dur, pour ramener de l’énergie. Ça, c’est un métier. C’est le mien, en vingt et un ans de plus et avec deux bronzes à l’EuroBasket.
Une minute d’applaudissements pendant un temps mort. La table attend.
Pour nos voisins des Pays-Bas, ce soir-là, j’aurais dit « nos invités », et je les aurais remerciés. Le bruit est le même. Il y a juste moins de gens pour l’entendre. Il me faut un jingle plus long.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket Europe.






