À la question de La Dernière Heure sur la joueuse la plus drôle qu’elle ait côtoyée, Marjorie Carpréaux a répondu elle-même. Je l’ai lu à la buvette, entre deux jetons, et j’ai pensé que chaque club aurait besoin d’une Marjorie, hein.
Elle explique que quand l’équipe était dans le dur, « c’était souvent moi qui essayais d’amuser la galerie pour ramener de l’énergie et de la bonne humeur ». Chez nous, ce rôle-là existe. C’est la bénévole qui allume le chauffage en janvier. Personne ne l’applaudit, mais tout le monde revient au troisième quart.
Et puis il y a ce match contre les Pays-Bas. Tir du milieu du terrain, interception, un Bob Cousy entre les jambes, panier, et une pompe en plein milieu. Le coach prend un temps mort, le public applaudit plus d’une minute.
Plus d’une minute. J’ai fait le calcul sur le coin du comptoir. Une minute d’applaudissements, chez nous, c’est une minute où personne ne commande à la buvette. C’est toute la file qui se fige, les jetons dans la main, les cornets qui refroidissent. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : une minute pareille, je la paierais en tombola.
Vingt et un ans de carrière, Mondeville, Villeneuve d’Ascq, Bourges, et surtout des clubs belges. Deux bronzes à l’EuroBasket. J’imagine tous les vestiaires qu’elle a déridés, et toutes les salles qu’on a fermées après.
Un Bob Cousy contre les Pays-Bas. Ma mère va vouloir la vidéo.
Je lui souhaite que quelqu’un, ces soirs-là, ait rangé les chaises en souriant encore. Moi, j’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket Europe.



