Marjorie Carpréaux a raconté à La Dernière Heure un match de l’équipe nationale contre les Pays-Bas. Je l’ai lu dans ma farde du dimanche, celle où je range les articles qui parlent de temps morts.
Elle a marqué du milieu du terrain. L’action suivante, interception, Bob Cousy entre les jambes, panier. « Et là, je me suis arrêtée en plein milieu du terrain pour faire une pompe », a-t-elle dit. Puis : « Le coach a pris temps-mort et le public a applaudi pendant plus d’une minute. »
Je me suis posé une seule question. À quelle minute.
Un temps mort, c’est un ballon mort, une main levée vers la table, un coup de sirène. Je sais faire. Une minute d’applaudissements, je ne sais pas où ça va. Ce n’est pas du temps de jeu. Ce n’est pas un temps mort non plus, le temps mort est déjà pris. Le chrono est arrêté, le public ne l’est pas. Chez nous, à huit heures et demie, quand les cent cinquante applaudissent, c’est qu’on a retrouvé les clés de la buvette, et ça dure dix secondes.
Elle a joué vingt et un ans, deux bronzes à l’EuroBasket, une quatrième place au Mondial, les Jeux. Elle dit aussi qu’elle n’a jamais eu de grosse engueulade avec ses coéquipières. Elle les protégeait. Ça, je le comprends. La table aussi protège ses joueuses : elle ne les note qu’une fois.
La pompe, je ne la mets nulle part. Il n’y a pas de colonne pour ça, et la feuille n’a que six colonnes.
Une minute d’applaudissements avec un temps mort au milieu. J’aurais tout donné pour avoir ce temps mort.
Je note : temps mort au coach, quel banc, elle ne le dit pas. Applaudissements, plus d’une minute. Chrono arrêté, personne pressé. C’est marqué.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket Europe.



