Dimanche, après le dîner, j’ai appelé l’Indiana. Ma mère regarde Minnesota en ce moment, parce que Minnesota gagne. Invaincu. Ils ont battu Toronto au Target Center, et lundi ils vont à Cleveland.
Elle avait lu les déclarations de Rudy Gobert, relayées par Eurohoops. On lui a demandé s’il avait changé son jeu pour l’effectif. Il a dit non. Son rôle, a-t-il expliqué, c’est d’être le meilleur au monde dans ce qu’il fait, et en attaque de « dominer, dominer, dominer » à sa manière, avec ses courses, ses écrans, son rebond offensif.
Ma mère a une seule question, depuis 1977. Elle me l’a posée : et la défense ?
Let me tell you, j’ai pris le temps. J’ai dit : maman, il a été quatre fois meilleur défenseur de l’année. Trois fois All-Star. Quatorze saisons, mille et quatre matchs. Il joue dans une des meilleures défenses de la ligue. Quand on a gagné ça quatre fois, on peut parler d’attaque une fois dans une conférence de presse.
Je lui ai raconté 2000. Ma première saison à Charleroi, dans la salle avec les lignes de badminton. Mon coach me demandait de faire des écrans, rien que des écrans. Personne ne regarde un écran. On regarde celui qui marque derrière. J’ai fait des écrans tout l’hiver, et en février j’étais toujours là, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Les fundamentals, c’est ça aussi.
Il a dit aussi, pour son vestiaire qui chambre, qu’il faut « juste parler assez » et que c’est bien « tant qu’on assume derrière ». Ma mère a aimé ça. Elle m’a dit que ça valait pour les fils qui appellent le dimanche.
Écrans, courses, rebonds offensifs. Ça fait trois lignes. La défense n’a pas besoin de ligne, elle se voit au score.
J’ai demandé à ma mère si elle était convaincue. Elle a dit que quelqu’un qui parle d’écrans en conférence de presse a passé sa vie à défendre, et qu’il ne s’en rend même plus compte. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




