Dimanche, après le dîner, l’Indiana. Ma mère connaît Dallas, elle ne connaît pas le Fenerbahçe. Je lui ai expliqué : Dwight Powell, pivot des Mavericks, libéré par Dallas, signe à Istanbul. Il jouait encore la présaison avec eux, contre Houston, à Macao, le 11 octobre.
Elle m’a demandé où était Macao. Je n’ai pas tout su expliquer.
Je lui ai lu ce qu’il y avait dans Basket Europe. Toronto, Stanford, quarante-cinquième choix de la draft 2014, Boston, puis Dallas avec Rajon Rondo. Sept cent soixante-huit matches NBA. La finale en 2024. Elle a dit : sept cent soixante-huit, c’est une carrière. J’ai dit oui. Et que la saison dernière, en quatorze minutes, il tirait à 64,4 %. Elle a dit : donc il prend les tirs qu’on lui donne. Les fundamentals, c’est ça aussi.
Let me tell you : moi aussi, j’ai traversé l’océan à l’automne. En 2000, un sac, un contrat d’un an, une salle avec des lignes de badminton à Charleroi. Personne ne m’attendait à l’aéroport. Lui, à Istanbul, il a trois collègues au même poste : Chris Silva, Marcus Bingham et Sertaç Şanlı. Ma mère a voulu savoir s’ils allaient se battre pour les minutes. J’ai dit qu’ici, en Europe, on se bat pour le box-out, et après on boit un café ensemble.
Darnell, dis-lui qu’on a gardé ta place sur le panneau de la buvette.
Le calendrier ne lui laisse pas le temps : Baskonia le 5 novembre, Paris le 11, l’ASVEL le 17. J’ai dit à ma mère que je suis venu pour un an et que je suis resté vingt-six. Elle a demandé une seule chose : est-ce qu’il a pris un grand sac.
J’ai dit que je ne savais pas. Elle a dit : prends toujours un grand sac, on ne sait jamais combien de temps on reste. Elle a raison.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket Europe.




