Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Elle regarde maintenant le basket français sur sa tablette, parce que je lui ai dit que c’était à côté. Ce n’est pas à côté. Elle s’en fiche.
Elle avait vu Paris contre Boulazac. Nonante, septante-cinq pour Paris. Elle m’a dit : ils menaient à la mi-temps, les petits. Oui, quarante-quatre, quarante et un. Et à la trentième minute, encore à trois points. Puis Paris a pris le dernier quart vingt-huit à seize, avec Tyson Etienne à vingt-six points.
Elle voulait savoir pourquoi le meneur de Boulazac, Antoine Eïto, souriait en conférence de presse après une défaite de quinze. Je lui ai expliqué : selon lui, le président parisien était venu s’excuser à la mi-temps pour des propos polémiques, incident clos. Et Eïto a dit, avec le sourire : « On sait qui on est, il n’y a pas de problème. Comme je dis, on joue à neuf, il n’y a pas de regrets à avoir ». Ils ont joué sans Patrick Beverley, on l’a su peu avant le match.
Let me tell you, je connais ce sourire. En 2000, à Charleroi, avec mon sac et mon contrat d’un an, on a perdu de quinze dans une salle trois fois plus grande que la nôtre, et on avait mené à la pause. Dans le minibus, personne n’a parlé du score. On a parlé de la mi-temps. Ici, on appelle ça une bonne défaite. Là-bas, je ne sais pas comment on appelle ça, on n’en a pas.
Une défaite de quinze reste une défaite de quinze. C’est marqué.
Ma mère a réfléchi. Puis elle a demandé ce qui s’était passé dans les dix dernières minutes. J’ai dit : leur entraîneur, Alexandre Ménard, a parlé d’un manque de rotations sur les lignes arrières. Elle a dit : alors le meneur a raison, il n’y a pas de regrets, il y a des rotations. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.




