Shai Gilgeous-Alexander a dit au magazine TIME qu’il est le meilleur joueur de la NBA. Lui-même. Dans un magazine. J’ai lu ça dans BasketNews et j’ai eu mal pour la sono.
Parce qu’une phrase pareille, c’est mon métier. Tu me donnes ça un samedi à huit heures et demie, je coupe la moitié des néons, le concierge l’autre moitié s’il est de bonne humeur, et j’y vais :
« Mesdames et messieurs, dames en heren. Production soir après soir. Efficacité. Sa part de victoires ces deux dernières saisons. Au poste de meneur, le meilleur joueur de la NBA, selon lui… [deux secondes de blanc] … Shai ! [jingle] Faites du bruit. »
Voilà. Ça, c’est un moment. Lui, il l’a dit dans une interview. Il a même parlé des fans qui lui reprochent de simuler et qui l’appellent « foul merchant », et il a répondu que le basket a fait des choses formidables pour sa vie et celle de sa famille, et que si une narrative sur les réseaux sociaux est le pire, il prend ça un million de fois sur un million. Un million de fois sur un million. Tu sais ce que je fais avec une phrase comme ça ? Je la mets en fond pendant le temps mort.
Une présentation, c’est avant l’entre-deux. Pas dans un magazine. Je note.
La NBA, un joueur qui s’annonce lui-même, et ça se lit dans un magazine. Moi, je lui aurais au moins prêté les deux projecteurs de la fancy-fair. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.






