Dimanche soir, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Elle avait vu les images : Victor Wembanyama à l’entraînement avec Provence Rugby, un club de deuxième division française, qui les a publiées. Harrison Barnes était là aussi, aux mêmes séances.
Elle m’a demandé ce qu’un joueur de basket va faire chez des rugbymen. J’ai lu ce que disent les sources : travailler de nouveaux schémas de mouvement. L’été d’avant, c’étaient des moines Shaolin, en Chine, environ deux semaines. Cet été, en plus du rugby, Hakeem Olajuwon pour la deuxième fois, et les qualifications de la Coupe du monde avec la France.
Let me tell you, en 2000, mon programme d’été, c’était un sac et un avion pour Charleroi. Le seul nouveau mouvement que j’ai appris, c’est d’enjamber les lignes de badminton sans perdre l’équilibre. Il m’a fallu un mois.
Ma mère a voulu savoir comment il avait fini la saison. Je lui ai dit : vingt-cinq points, onze rebonds et demi, trois contres par match, et premier Défenseur de l’année élu à l’unanimité. Personne n’a voté contre. Dimanche, au scrimmage, la salle chantait déjà « MVP ».
Là, elle a posé sa question. Toujours la même. Quand il était chez les rugbymen, qui est-ce qui défendait ?
J’ai réfléchi. Au rugby, tout le monde défend, c’est un peu le principe. Un sport entier construit sur le box-out, sans panier pour se reposer. Il est allé apprendre chez des gens qui défendent pendant quatre-vingts minutes, alors qu’il est déjà le meilleur défenseur de la ligue.
Elle a dit : tu vois. Il a fait ce que je te répète depuis que tu as huit ans.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.







