Un scrimmage. Un match entre eux, un dimanche. Et la salle chante « MVP ». Ça, c’est un moment, et je te le dis comme je l’aurais fait au micro.
Noir. Enfin, la moitié du noir, le concierge garde ses néons. Les deux projecteurs de la fancy-fair. [jingle] « Mesdames et messieurs, dames en heren, c’est le moment. Seize points, vingt et une minutes, deux fois All-Star, Défenseur de l’année en titre… » Blanc de deux secondes. « Victor… Wembanyama ! »
Et là, la salle chante. Chez nous, on chante quand l’Américain met un et un en fin de quatrième. Pas à l’entraînement du jeudi. À San Antonio, ils chantent pour un scrimmage. C’est une ligue où même le brouillon a un public.
Mais attention, chez moi, on présente tout le monde, c’est mon métier. Keldon Johnson, dix-neuf points, meilleur marqueur. Dylan Harper, dix-huit. Julian Champagnie, dix-sept. Avec moi au micro, ils auraient eu droit au même traitement : la moitié du noir, les deux projecteurs, le jingle coupé au bon endroit. Faites du bruit pour le meilleur marqueur d’un match qui ne compte pas, c’est le plus beau rôle du monde.
Près de quatre mois après les Finales perdues contre les Knicks, un public qui chante « MVP » pour un scrimmage. Moi, en deuxième landelijke, j’ai cent cinquante personnes pour un match de championnat quand il ne drache pas, et elles chantent quand je leur demande.
Jeudi, Atlanta. Le 20 octobre, Oklahoma City, la vraie. Je me demande juste ce qu’ils vont chanter ce soir-là, s’ils ont déjà dit « MVP » un dimanche de répétition.
Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




