Golden State a gagné cent vingt-quatre, cent douze contre les Clippers, sans Stephen Curry ni Draymond Green, laissés au repos. Le rookie Yaxel Lendeborg en a mis 37. Le premier rookie des Warriors à faire ça depuis les 42 de Curry à ses débuts en 2010. J’ai lu ça dans la cuisine de la buvette, entre deux caisses de jetons.
Et puis il y a ce qu’il a dit après. Ses coéquipiers voulaient qu’il atteigne les 40 points, il a cédé, et il l’a regretté, parce qu’il aime « le basket éthique ». Ce garçon a un groupe qui le pousse. Je trouve ça très bien, hein.
Chez nous, la pression du groupe, je connais. Quand quelqu’un est bien lancé, tout le monde lui en ajoute. Une bénévole fait bien la tombola une fois, et le samedi suivant elle a la tombola, la caisse et le thermos du samedi de jeunes. Personne ne lui demande. On la pousse vers les 40, comme lui. Elle a cédé aussi, et elle ne s’est jamais excusée, elle. Elle a eu raison.
Ses deux matchs à 30 points égalent ce qu’ont fait toutes les recrues de la franchise sur cinq ans. Cinq ans, chez nous, c’est le temps qu’il a fallu pour trouver quelqu’un qui reprenne le minibus. Il démarre, d’ailleurs.
Et je pense à Curry et Green, au repos ce soir-là. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : moi, au repos, je ne sais pas. Le samedi soir, si je m’assieds, les chaises ne se rangent pas toutes seules.
Trente-sept points sans chasser, c’est déjà pas mal. Ma mère dirait qu’il manque la défense dans la phrase.
Bon. Ils jouent les Suns demain. Moi, j’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.






