Portland bat les Lakers, cent trente-six, cent vingt-neuf, et je n’ai retenu qu’un truc : septante et un lancers francs. Septante et un. Tu sais combien de fois je dois me taire pendant un lancer franc ? À chaque fois. C’est la règle de la salle, et je la respecte.
Donc imagine ma soirée au micro. Lancer. Silence. Lancer. Silence. La sono qui attend. Le neveu du président dans son dinosaure qui ne sait plus s’il doit danser. Et puis, dans les dernières secondes, Damian Lillard prend un tir à trois points, et il rentre.
Là, je fais tout. Le concierge coupe ses néons, enfin la moitié. Les deux projecteurs de la fancy-fair. « Mesdames et messieurs, dames en heren… » Deux secondes de blanc. « …Damian… Lillard ! » [jingle]. Vingt et un points. Faites du bruit.
Voilà ce que méritait la fin. Un moment. Au lieu de ça, le reste du match a surtout produit des sifflets, trois techniques pour simulation, Ja Morant qui annonce faire appel, et Micah Nori qui remercie la NBA d’avoir fini à presque deux heures du matin sur la côte Est.
Un lancer franc, ce n’est pas un temps mort, Dimitri. Tu n’as pas trente secondes.
Elle a raison. Je n’ai rien entre deux lancers. Mais septante et une fois rien, ça finit par faire un concert. Lillard a eu son jingle, et moi j’ai passé la soirée à le tenir prêt. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.





