Un contre à deux secondes de la fin. Chez nous, à deux secondes de la fin, je regarde le chrono, pas le ballon. Le chrono ne discute pas. Moi non plus.
Prepelič raconte qu’il était persuadé d’avoir passé Batum, et qu’il n’a jamais vu Batum arriver. Je comprends. Sur ma feuille, une action comme celle-là, je ne saurais pas où l’écrire. Le lay-up manqué, dans une colonne. Le contre, dans aucune colonne. C’est marqué nulle part, et c’est pourtant lui qui a tout décidé.
Il dit que c’était une super action, et qu’il n’y avait probablement que très peu de joueurs au monde capables d’un tel contre. Je note. Sur ma feuille il y a six colonnes : minute, équipe, joueur, faute, panier, temps mort. Aucune pour un contre à deux secondes de la fin, réussi par quelqu’un qui n’était pas censé arriver à temps. Il n’y a pas de case. Je regarde quand même où je pourrais le mettre.
Il rappelle qu’en 2015, Batum avait manqué trois lancers francs en demi-finale de l’EuroBasket, à domicile. Six ans plus tard, le même gars devient un héros national sur un contre. La feuille, elle, ne juge pas les trajectoires. Elle note qui est sur le terrain à l’instant T, et à deux secondes de la fin, Batum était sur le terrain. Le reste, c’est de la conversation.
Chrono arrêté, ballon à la table, quelqu’un n’a jamais vu le contre arriver. C’est marqué.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.





