« À cinq centimètres. » Voilà ce que dit Klemen Prepelič, et je le crois sur parole. Cinq centimètres, chez nous, c’est ce qui sépare la table du bord du parquet quand la buvette est comble et qu’il faut passer le thermos par-dessus une épaule. Cinq centimètres, c’est ce qui manque à la porte des toilettes de la salle pour se fermer de l’intérieur les soirs d’affluence.
Il dit qu’il n’a jamais vu Batum arriver. Chez nous, on voit toujours arriver le problème : c’est le sponsor qui rappelle pour ses exigences, ou le chauffage qui lâche en janvier. Lui, il a vu une finale olympique passer à cinq centimètres, et il en parle encore en mars, l’année d’après. Moi, je vois les chiffres et je ne dors pas.
Il raconte aussi que Batum avait manqué trois lancers francs en demi-finale de l’EuroBasket 2015 à domicile, avant de devenir un héros national sur un contre. C’est une trajectoire que je respecte. Chez nous, le gars qui rate trois lancers francs en demi-finale, on lui paie un café à la buvette et on n’en reparle plus. Là-bas, il a fallu six ans et un contre pour que tout le monde oublie. Six ans. Le temps d’user un minibus.
Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : ce contre, il a coûté une finale olympique à un gars qui a tout réussi sauf ces cinq centimètres. Et pendant que tout le monde raconte la victoire, il y a un homme qui repense à cinq centimètres. J’ai encore la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.


