Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. C’est elle qui avait un sujet, pour une fois. La Caitlin 1, la chaussure de Caitlin Clark, sort dans un troisième coloris. Après « Caitlin Blue » et « Warning Code », il y a « Midnight Fever » : dégradé rouge-rose, Swoosh noir, logo CC en bleu sur la languette. Je l’avais lu chez Basket USA. Elle, elle avait regardé la semelle.
Parce que sous la semelle, translucide, du bleu au rose, il y a trois phrases. « Shoot More Threes. » « From Anywhere. » « It was never a long shot. » Tirer plus de trois points, de partout, et ce n’était jamais un tir impossible.
Elle m’a demandé si c’était un conseil ou une règle. J’ai réfléchi. Let me tell you, en 2000, quand je suis arrivé à Charleroi avec un sac, j’avais un coach qui disait exactement le contraire. Pas de trois points avant d’avoir fait tourner le ballon. Une passe, deux passes, la bonne passe. Dans une salle avec des lignes de badminton, je ne savais même pas toujours quelle ligne était la mienne. Alors je passais.
Ma mère a ri. Elle m’a rappelé que la saison est finie pour Caitlin Clark : Indiana est sorti au premier tour face à Las Vegas. Et que la chaussure sort quand même, en précommande. Ici, 140 euros sur Basker4Ballers. Je lui ai dit le prix en euros, elle n’a pas fait la conversion, elle ne la fait jamais.
Cent quarante euros, c’est un samedi de buvette. Dis-lui ça, à ta maman.
Puis elle m’a posé la vraie question. Ces phrases sous la chaussure, qui les lit ? Celui qui défend, quand la joueuse s’en va ? J’ai dit que oui, peut-être, s’il regarde par terre. Mes U10, le dimanche matin, regardent toujours par terre. Les fundamentals, c’est aussi ça : regarder le ballon, pas les pieds.
Elle a dit : c’est écrit dessous pour que celui qui défend comprenne trop tard. Tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.







