Troisième coloris pour la Caitlin 1, la chaussure signature de Caitlin Clark. Il y a eu le bleu, « Caitlin Blue », puis le jaune, « Warning Code ». Voilà « Midnight Fever » : une tige en dégradé rouge-rose, le Swoosh en noir sur le côté, le logo « CC » en bleu sur la languette. J’ai lu ça chez Basket USA, au comptoir de la buvette, entre deux jetons.
Trois coloris pour une seule chaussure. Chez nous, on a un maillot, hein. Un. Le rouge, avec le nom de la friterie devant, et le sponsor a des exigences sur le rouge. Quand on en a voulu un deuxième pour les déplacements, j’ai fait trois tombolas et une réunion. On a eu des chasubles.
Le prix est affiché : 140 euros, en précommande sur Basker4Ballers. J’ai regardé ce chiffre longtemps. Cent quarante euros, chez nous, c’est la caisse de la buvette un samedi de jeunes de neuf à dix-huit heures, quand il fait caillant et que le café part bien. Une journée entière de thermos pour une paire. Je ne suis pas jalouse, je suis présidente : je vois les chiffres et je ne dors pas.
Il y a des phrases sous la semelle, translucide, qui passe du bleu au rose. « Shoot More Threes », « From Anywhere », « It was never a long shot ». Tirer plus de trois points, de partout. Ça, je l’ai traduit à mes U10, et ils l’avaient déjà compris tout seuls, avec le panier réglable.
Ma mère a la même phrase en tête depuis des années. Elle ne l’a pas fait écrire sous ses chaussures, elle me la dit au téléphone.
Caitlin Clark, elle, n’est plus sur les parquets : Indiana est sorti au premier tour face à Las Vegas. La chaussure continue la saison sans elle. Je connais ça, le matériel qui reste dans la salle quand les joueuses sont rentrées.
Bon. J’ai encore les chasubles à mettre dans la machine, et la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




