Les Lakers ont perdu 112-95 contre Golden State vendredi. Cent douze, nonante-cinq, après avoir mené de vingt-cinq points, hein. Stephen Curry en a mis 31, dont huit à trois points. Vingt-deux ballons perdus par Los Angeles, vingt-sept points pour Golden State derrière. Austin Reaves en a perdu huit, le plus haut total du match.
Ce qui m’a arrêtée, c’est la suite. D’après BasketNews, il a dit : « J’ai encore été horrible. C’est tout. » Puis que le groupe du début de deuxième quart avait été mauvais, et que ça commençait par lui. On lui a tendu l’excuse des combinaisons pas encore rodées, il n’en a pas voulu : « ça ne donne pas à cette deuxième unité une excuse pour être assez terrible. Et ça commence par moi. »
Moi, ça fait presque vingt ans que je tiens une assemblée générale chaque année, à la buvette, avec le thermos. Quand le chauffage a lâché en janvier, c’était la commune. Quand le minibus a calé à Andenne, c’était le froid. Quand la tombola n’a pas rapporté, c’était le temps qu’il faisait. Personne, jamais, ne s’est levé pour dire « ça commence par moi ». Même pas moi. Surtout pas moi, je suis présidente, hein.
Alors une phrase comme celle-là, chez nous, ça vaut une soirée entière d’assemblée, et on finirait avant le café.
À l’assemblée, je tiens le procès-verbal. La phrase n’y est jamais. Je note.
Je ne suis pas jalouse des Lakers, je n’ai pas le même parquet. Je leur envie juste ce garçon qui regarde les images et revient. Bon. Il est minuit moins dix et j’ai encore les chaises de la buvette à empiler.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




