Vingt-cinq points de retard. Premier quart-temps : 38-15 pour les Lakers. Et Golden State répond avec le deuxième quart exactement à l’envers, 38-15, égalité à la pause. À la fin, cent douze, nonante-cinq pour les Warriors. Stephen Curry, 31 points, huit tirs à trois points réussis.
J’ai regardé les chiffres et j’ai éteint la cuisine. Ma copine a demandé pourquoi. J’ai répondu que c’était le moment, et qu’un moment se fait dans le noir.
Alors voilà comment je l’aurais fait, un samedi à huit heures et demie, avec les deux projecteurs de la fancy-fair. Mesdames et messieurs, dames en heren, au numéro trente… deux secondes de blanc… [jingle, coupé juste avant le refrain] … Stephen Curry ! Et là, huit fois le même son. Un par tir à trois points. Le jingle huit fois, le concierge qui rallume la moitié des néons au troisième, le neveu du président en dinosaure qui danse au cinquième parce qu’on lui avait dit « à cinq ».
En vrai, chez moi, la sono aurait lâché au sixième. Elle a un avis sur les séries.
Et puis il y a l’autre moment, celui que je ne sais pas mettre en musique. Austin Reaves, 21 points et 8 pertes de balle, qui dit selon BasketNews : « J’ai encore été horrible. C’est tout. » Puis : « ça commence par moi, donc je serai meilleur. » Pas d’excuse, pas de combinaison peu rodée. Je n’ai pas de jingle pour ça. Je crois que ça se passe très bien de jingle.
Huit tirs primés, très bien. Je voudrais quand même voir le box-out sur les vingt-deux ballons perdus.
J’ai rallumé la cuisine. Huit jingles, ça reste huit jingles. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




