Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. D’habitude, c’est moi qui lui explique la Belgique. Cette fois, c’est elle qui m’a demandé d’expliquer les Lakers.
Je lui ai donné les chiffres. Défaite 112-95 contre Golden State vendredi. Les Lakers menaient 38-15 après un quart-temps, Golden State a gagné le deuxième 38-15, égalité à la pause. Stephen Curry a fini avec 31 points et huit tirs à trois points. Les Lakers ont perdu le ballon vingt-deux fois, et Golden State en a fait vingt-sept points. Austin Reaves en a perdu huit, le maximum du match, pour une moyenne de 4,8 sur les six premiers matchs.
Elle a demandé, évidemment, si quelqu’un avait défendu. J’ai dit : oui, Golden State, sur les ballons perdus.
Let me tell you, en 2000, ma première saison à Charleroi, j’ai perdu sept ballons dans un match, dans une salle avec des lignes de badminton. Le coach ne m’a rien dit. Il m’a juste montré la feuille le lendemain. J’avais une excuse prête : le parquet, le chauffage, les lignes. Je ne l’ai jamais sortie, parce qu’il ne me l’a jamais demandée.
Je lui ai lu ce que Reaves a dit, d’après BasketNews : « J’ai encore été horrible. C’est tout. » Et puis, quand on lui a parlé des combinaisons pas encore rodées : « c’est réel, mais ça ne donne pas à cette deuxième unité une excuse. Et ça commence par moi. Je vais regarder les images et essayer d’être meilleur. »
Ma mère a été silencieuse un moment. Il est tard en Belgique, tôt là-bas, on a l’habitude de ces silences.
Ici, j’ai mis vingt ans à apprendre à dire « pas mal » après une victoire. Je lui ai dit que c’était peut-être la même chose dans l’autre sens : dire « c’est moi » après une défaite, et puis aller regarder les images. Les fundamentals, c’est ça aussi.
Elle a dit qu’un garçon qui regarde les images le lendemain, elle lui confierait ses U10. Puis elle a ajouté : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




