Les Knicks ont un poste pour ça. Un assistant, payé à l’année, dont tout le travail tient sur une tablette : regarder le ralenti, dire « challenge » ou « laisse ». Le titre officiel, c’est « assistant coach/special situations ». La situation spéciale, chez nous, c’est la feuille qui ne rentre pas dans la farde à la fin d’un match.
À New York, on ne challenge pas au hasard. Avant Ed Flynn, il y avait Jordan Brink, deux saisons, taux de réussite élevé. Il est parti à Chicago. Avant lui, Scott King. Avant, Darren Erman. Une lignée de gens dont le métier tient en un mot, dit au bon moment.
Chez nous, la décision de contester, c’est le coach qui la prend, tout seul, en hurlant « et la faute ? » vers la table. La table répond. La table, c’est moi. Je note ce qu’il y a sur la feuille, pas ce qu’il aurait fallu qu’il y ait. Un iPad, c’est une table avec plus d’écrans. Le geste est le même : quelqu’un demande, quelqu’un tranche. Sauf que là-bas, celui qui tranche a un salaire. Moi, j’ai une farde et un bic à quatre couleurs.
Ed Flynn vient d’un parcours précis. Williams College, dans le Massachusetts. Graduate assistant à Miami. Stagiaire vidéo à Charlotte, puis video coordinator. Tout le chemin est une même question : est-ce qu’il y a quelque chose à dire à l’entraîneur dans les deux secondes, oui ou non.
Le staff des Knicks ne change pas, à part lui. Chris Jent, Rick Brunson, Brendan O’Connor, Darren Erman, tous de retour. La seule case nouvelle, c’est la sienne : un homme, un iPad, une réponse.
Je note : challenge demandé, ballon à la table, réponse dans les deux secondes. C’est marqué. Après, c’est de la conversation.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.



