Mesdames et messieurs, dames en heren, c’est le moment. Vous regardez le match, le coach hésite, tout le monde se tourne vers le banc. Et là, on devrait entendre quoi ? Rien. Un homme avec une tablette dit un mot, tout bas. Pas de noir, pas de jingle, pas de micro. Un iPad qui chuchote.
C’est un poste, chez les Knicks. Un vrai, avec un titre : assistant coach, special situations. Avant Ed Flynn, Jordan Brink, deux saisons de réussites, parti à Chicago. Avant lui, Scott King, Darren Erman. Une lignée d’hommes à la tablette, et pas un seul qu’on a présenté dans le noir, avec la musique, quand le Madison Square Garden a monté le son.
Un type dont tout le métier est de dire « challenge » au bon moment, c’est un moment. Tu m’imagines le faire entrer en salle comme une recrue ? « Meessieurs-dames, votre attention [jingle], l’homme qui va décider si on revoit l’écran ou si on laisse courir : Ed Flynnnn ! » Personne ne se lève. Et pourtant : deux secondes de sa décision peuvent faire basculer un match entier, devant vingt mille personnes. Moi, mon temps mort, c’est trente secondes de moi et une chanson que j’ai coupée toute seule. Lui, son temps de parole, c’est un mot, sans sono. Je dis ça, je dis rien.
Ed Flynn arrive avec un parcours de vidéo : Williams College, Miami, Charlotte comme stagiaire, puis video coordinator, puis La Nouvelle-Orléans, head video coordinator. Tout son chemin, c’est la vidéo. Et les Knicks lui donnent un iPad, une oreillette et le droit de dire un mot.
Le staff ne bouge pas : Chris Jent, Rick Brunson, Brendan O’Connor, Darren Erman, tous de retour. Une seule nouveauté, et c’est un homme qu’on n’entendra jamais au micro. Je travaille sur son entrée dans le noir depuis ce matin. Faites du bruit.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.



