L’Efes a gagné chez le Zalgiris, à Kaunas, et Kai Jones a fini à 4 sur 4. Ça arrive. Ce qui m’a fait poser ma jatte de café, c’est la suite : sur la dernière année, il a manqué 10 tirs sur 145. Septante-trois matchs en Europe, et dix ratés en tout.
Chez nous, dix ratés, c’est le premier quart-temps. Et encore, quand le chauffage marche.
Je ne compare pas, hein. Je suis présidente, je compare juste ce que je connais. Le samedi, à la buvette, on donne des jetons. On les compte le soir, sur le coin de la table, avec la caisse. Il y a toujours un écart. Un jeton qui a roulé sous le frigo, un autre qu’un papa a gardé en poche. Dix jetons perdus sur toute une année, chez nous, ce serait un miracle, et le trésorier démissionnerait de bonheur.
Lui, il a ça avec un ballon. Il ne tire presque que près du panier : six tirs en dehors de la raquette en douze mois, selon BasketNews. C’est de la gestion. Il ne prend pas de risque qu’il ne sait pas porter. J’ai connu des comités moins prudents.
Il dit qu’il a compris « ce qu’il faut pour gagner », a-t-il expliqué à BasketNews. Moi aussi, j’ai compris : il faut quelqu’un qui compte les jetons.
Je vois les chiffres et je ne dors pas. Ce soir, j’ai la caisse à refaire et la clé à rendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




