Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. C’est elle qui avait la question, cette fois. Elle avait vu passer l’histoire des Suns et elle voulait comprendre ce que le propriétaire appelait une culture.
Je lui ai raconté. Mat Ishbia, propriétaire des Phoenix Suns depuis décembre 2022, a dit à CNBC Sports qu’il avait « un peu juste jeté de l’argent sur le problème ». Qu’il n’y avait pas de culture définie, pas de cap, et que faire venir un joueur comme Kevin Durant ne mène donc pas forcément au titre. Qu’il ne l’avait pas fait au départ, et qu’il s’occupe maintenant de chaque décision, du premier au quatorzième joueur.
Elle a demandé ce qu’avait dit Durant. Je lui ai lu : il a répondu sur X qu’il était resté au top de son niveau à 36 ans. Le propriétaire a dit qu’il ne l’accusait pas et lui a souhaité bonne chance à Houston. Je n’ai pas donné mon avis. Je ne donne pas d’avis au téléphone le dimanche, ma mère a assez des siens.
Alors je lui ai parlé de 2000. Let me tell you : j’arrive à Charleroi avec un sac, un contrat d’un an, une salle avec des lignes de badminton. Personne ne m’a parlé de culture. Le premier soir, un ancien m’a montré où se mettre au rebond, et après l’entraînement on a rangé les ballons ensemble. Personne n’appelait ça une identité. Ici, on appelle ça le mardi.
Je lui ai dit que la saison dernière, Phoenix était quand même allé en playoffs, sans vraie tête d’affiche à part Devin Booker, selon Basket USA. Et qu’Ishbia en tirait sa leçon.
Elle a réfléchi. Ma mère réfléchit avec le bruit de sa cuillère dans la tasse.
Puis elle a dit qu’une culture, elle en avait une très simple, depuis que je suis petit : tout le monde fait le box-out, même celui qui marque. Et que si ça s’écrit en quatorze décisions, c’est qu’on l’a déjà oubliée.
Elle a dit : tu vois. J’ai dit pas mal. Elle n’a toujours pas compris ce que ça voulait dire, mais elle a raison.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.



