Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère, en Indiana. Elle avait vu passer l’histoire avant moi : Kevin Garnett, en direct avec un streamer, N3ON, a dit qu’il choisirait Portland s’il devait entraîner. Pas Minnesota, pas Boston. Il a dit aussi qu’il n’entraînerait jamais.
Elle voulait savoir ce qui m’intéressait là-dedans. Je lui ai lu la phrase, sur BeBasket : « Je n’ai pas la patience d’entraîner, mec. Je suis un enseignant. »
Let me tell you pourquoi ça m’a arrêté. Je suis prof d’anglais en semaine. Le dimanche à neuf heures, je coache les U10. Ça fait des années que je fais les deux, et je ne savais pas qu’il fallait choisir.
En 2000, quand je suis arrivé à Charleroi avec un sac, le coach du club m’a appris une chose en trois semaines : le box-out. Pas dans une salle de classe, dans une salle avec des lignes de badminton et un chauffage qui avait ses humeurs. Il criait un peu. Il expliquait beaucoup. Je n’ai jamais su s’il enseignait ou s’il entraînait. Je suis toujours là.
Garnett a ses raisons pour Portland. Il aime qu’ils aient gardé leurs meneurs et leurs arrières, Lillard, Morant, Holiday, Henderson. Il pense que le small ball va compter, qu’il faut du jeu extérieur pour battre les Spurs et OKC. Il dit qu’il y a quelque chose chez les Blazers qu’on n’a pas encore vu. Et il reste un Timberwolf, il le dit lui-même.
J’ai demandé à ma mère : alors, c’est quoi la différence, entre enseigner et entraîner ?
La différence, Darnell, c’est qui ramène le minibus.
Ma mère a réfléchi. Elle a été institutrice trente ans, elle a élevé quatre enfants. Elle a dit : enseigner, c’est quand ils t’écoutent. Entraîner, c’est quand ils t’écoutent et qu’ensuite ils doivent défendre. Puis elle a demandé si Portland défendait. J’ai dit qu’on verrait. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BeBasket.




