Fenerbahçe a battu l’Olympiacos, soixante-quatre à soixante et un, en EuroLeague. Ils avaient quatorze points après dix-huit minutes, hein. Seize points de retard au pire moment. Et ils ont gagné quand même.
Quatorze points en dix-huit minutes, chez nous, ça a un nom : c’est le chauffage. Un samedi de janvier où il fait caillant dans la salle, nos seniors mettent un quart-temps à sentir leurs doigts. Le temps que la chaudière se décide, le match est à moitié joué. Je ne dis pas qu’à Istanbul ou au Pirée ils ont le même problème, je n’en sais rien. Je dis que je reconnais une équipe qui attend que ça chauffe.
Sarunas Jasikevicius a parlé de caractère. « Nous avons gagné ce match avec notre caractère et notre conviction. Tout allait très mal pour nous », a-t-il dit à Eurohoops. Il a ajouté que l’Olympiacos punissait chaque erreur, et que quand eux en faisaient, son équipe ratait ses tirs.
Ça, je le mets au tableau de la buvette. Pas pour les joueurs : pour les bénévoles. Tout allait très mal, et on a quand même fini. C’est notre tournoi de Pâques tous les ans. On a un minibus, et il démarre, mais pas toujours au premier coup.
Il a aussi dit que son équipe avait été bien meilleure les vingt-cinq dernières minutes. Je suis présidente, je fais le compte : le match est sauvé par la deuxième moitié. Comme notre saison, comme notre comptabilité.
Fenerbahçe est premier ex aequo, six victoires pour une défaite, et part à Valence. L’Olympiacos, cinq pour deux, va à Istanbul contre Besiktas. Je leur souhaite à tous une salle chaude dès l’échauffement.
Moi, il faut encore que je purge le radiateur du vestiaire avant de rendre la clé.
Le fait est vrai, on a vérifié : Eurohoops.




