Fenerbahçe a perdu nonante-cinq, septante-six à Madrid jeudi, après quatre-vingt-six, septante-huit contre Valence mardi. Six victoires, trois défaites. Et Sarunas Jasikevicius, au micro d’EuroLeague TV, a dit que son équipe n’avait pas d’identité, qu’elle était pour l’instant « une bande de très grands noms ».
Des grands noms. Ça, c’est mon métier. Un grand nom, je le présente dans le noir, avec le blanc de deux secondes avant le prénom, et la salle se lève. Mais il a dit autre chose : qu’il fallait trouver une façon de jouer en équipe, que l’individuel ne ferait pas le travail. Alors j’ai réfléchi à ce que je ferais au micro, samedi à huit heures et demie.
Mesdames et messieurs, dames en heren, c’est le moment. Les deux projecteurs de la fancy-fair s’allument. [jingle] Et là, au lieu d’appeler cinq prénoms un par un, j’appelle l’équipe. Un seul nom. Le blanc de deux secondes, puis : Fenerbahçe ! Tout le monde entre en même temps. Personne ne court devant.
Je l’ai essayé une fois, chez nous. La sono a eu un avis, le concierge a laissé la moitié des néons, et le neveu du président est entré dans son costume de dinosaure avec les joueurs, parce qu’on avait dit tout le monde. C’était la plus belle entrée de la saison. Le bruit est le même quand ils arrivent ensemble. Il dure juste plus longtemps.
La semaine prochaine, Fenerbahçe reçoit Baskonia à domicile. Leur speaker a une semaine pour préparer ça. Je lui laisse le jingle, s’il veut. Je dis ça, je dis rien.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




