Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Je lui ai parlé de Fenerbahçe. Deux défaites en trois jours en EuroLeague : quatre-vingt-six, septante-huit contre Valence mardi, nonante-cinq, septante-six au Real Madrid jeudi. Six victoires, trois défaites.
Elle m’a demandé si quelqu’un avait défendu. Je lui ai dit que je ne savais pas, mais que l’entraîneur, Sarunas Jasikevicius, avait parlé après le match, sur EuroLeague TV. Il a dit que son équipe n’avait pas d’identité. Qu’ils étaient pour l’instant une bande de très grands noms. Qu’il fallait trouver une façon de jouer les uns pour les autres, parce que individuellement, ils peuvent faire beaucoup de choses, mais que ce n’est pas ça qui fera le travail.
Il y a eu un silence sur la ligne. Ma mère aime les entraîneurs qui disent les choses.
Let me tell you : quand je suis arrivé à Charleroi en 2000, avec un sac et un contrat d’un an, je pensais que mon nom était mon jeu. J’avais joué à l’université contre des gars qui sont allés en NBA. Le premier samedi, dans une salle avec des lignes de badminton, le coach m’a fait faire des box-out pendant une heure. Je ne comprenais pas. À Noël, j’ai compris. Personne ne connaissait mon nom dans les tribunes, mais tout le monde savait qui prenait le rebond pour l’autre.
Le dimanche matin, je dis la même chose à mes U10. Ils veulent tous tirer. Je leur demande qui va faire la passe. Les fundamentals, c’est ça aussi.
J’ai dit à ma mère que Fenerbahçe recevait Baskonia la semaine prochaine, et que l’entraîneur voulait voir une équipe. Elle m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai dit que je trouvais ça très juste, pour un club de ce niveau, de dire ça à la télévision.
Elle a dit : tu vois, il a juste besoin de quelqu’un qui fait des box-out.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.




