Boston, vendredi, TD Garden. Les Celtics devant après un quart-temps, jusqu’à 32 points d’avance dans le deuxième, et le trio Pritchard, Tatum, George à 74 points. Les Bulls repartent avec une quatrième défaite de suite, la deuxième de plus de 35 points après Toronto.
Et au milieu, un rookie de vingt ans qui en met 23 et qui dit, selon Basket USA : « C’est mon rôle d’être un leader dans cette équipe, et tout doit commencer par moi. »
Tout doit commencer par moi. Tu entends ça ? C’est une entrée. C’est la phrase qu’on dit dans le noir. Laisse-moi faire, je l’ai au micro, samedi à huit heures et demie :
« Mesdames et messieurs, dames en heren. Il a vingt ans. Il vient d’Atlanta. Il a dit que ça commence par lui. Numéro… [jingle] … Caleeeb… Wilson ! »
Les deux projecteurs de la fancy-fair sur la ligne de fond. Le concierge éteint la moitié des néons, comme d’habitude. La sono, qui a un avis, envoie le jingle avec une demi-seconde de retard. Faites du bruit.
Il a dit aussi : « J’ai vingt ans et je n’ai jamais été un loser de toute ma vie. » Ça, c’est le texte qu’on met sur l’écran géant pendant l’échauffement. Nous, on n’a pas d’écran géant. On a le tableau de score et une feuille A4 scotchée à la table.
La feuille A4, c’est moi qui l’enlève à la mi-temps. Elle cache le chrono.
La ligue la plus riche du monde a un garçon qui annonce lui-même qu’il prend la tête de son équipe, et personne n’éteint la lumière. Il fait l’annonce et la présentation tout seul, sans jingle, sans projecteur.
Je dis ça, je dis rien. Moi, je lui aurais au moins laissé le blanc de deux secondes avant le prénom.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




