Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère, en Indiana. Elle avait vu Denver battre New Orleans, cent quarante et un, cent trente-cinq, après prolongation. Elle voulait parler de Jokic.
Je lui ai expliqué les chiffres, comme à mes U10. Trente-cinq points, quinze rebonds, dix passes. Son cent nonante-neuvième triple-double en saison régulière, deux cent vingt-deux avec les playoffs. Russell Westbrook en a deux cent vingt et un en tout, deux cent neuf en saison régulière. Donc Jokic passe devant au total, et Westbrook garde le record officiel, avec dix d’avance.
Elle a demandé s’il allait l’appeler. J’ai lu la réponse de Jokic, selon BasketNews : « Non, non, non. Si je bats son record normal, officiel, alors je lui enverrai un message. »
Let me tell you, ça m’a rappelé 2000. Je suis arrivé à Charleroi avec un sac et un contrat d’un an. Au bout de trois mois, un ami de l’université m’a demandé si j’étais installé. J’ai dit : pas encore, je n’ai pas signé la deuxième saison. Ici, quand on gagne, on vérifie d’abord. J’avais appris ça avant même de savoir dire septante.
Ma mère est restée silencieuse un moment. Puis elle a demandé combien de temps il lui faudrait pour les dix qui manquent. J’ai dit que je ne savais pas, que personne ne savait, qu’il faut jouer les matchs.
Elle a dit qu’elle aussi, elle attend toujours que ce soit officiel avant d’appeler les voisins. Pour mon mariage à Marcinelle, elle avait attendu la photo.
Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : BasketNews.





