La NBA a sorti trente parquets neufs pour sa NBA Cup. Trente. Peints entièrement, aux couleurs de chaque équipe, avec le nom en lettres géantes de chaque côté, le logo au centre et le trophée dans les raquettes. Et depuis 2023, ils refont ça chaque année. Chaque année, hein.
Chez nous, le sol de la salle communale, on ne le choisit pas. Il est là. Il a trois jeux de lignes, une pour le basket, une pour le badminton, une pour le volley, et une tache près de la buvette que personne n’explique. Quand quelqu’un a proposé de repeindre le rond central aux couleurs du club, on a regardé le pot de peinture, puis le chauffage, et on a acheté du mazout.
Eux, ils ont même choisi les couleurs pour contraster avec les maillots. Je trouve ça très bien. Chez nous, le contraste, c’est le sac de chasubles dans le minibus. Et le minibus démarre.
Je ne suis pas jalouse, je suis présidente. Je pense juste à une chose. Trente parquets peints, utilisés jusqu’aux demi-finales, puis la finale le 11 décembre à Indianapolis. Quelqu’un les a montés. Quelqu’un va les démonter. Quelqu’un passe le balai le soir sur un logo géant, tout seul, quand les lumières sont à moitié éteintes. Personne ne va l’applaudir, celui-là. Je lui souhaite un thermos.
Il y a même un slogan dans les coins : « 30 équipes. 8 qualifiées. 1 champion. » Chez nous, le seul texte au sol, c’est le scotch blanc qui dit où on range la table pliante.
Bon. Il est tard, il fait caillant, et le scotch dit que la table va contre le mur. J’ai encore les chaises à ranger.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.







