Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Je lui ai annoncé la nouvelle comme si c’était moi qui l’avais organisée : la finale de la NBA Cup, le 11 décembre, au Hinkle Fieldhouse d’Indianapolis. Chez elle, presque.
Elle a dit : bien. Puis elle a demandé sur quel sol.
Alors j’ai expliqué ce que j’avais lu dans Basket USA. La NBA a dévoilé trente parquets pour le tournoi, entièrement peints, aux couleurs de chaque franchise. Le nom de l’équipe en lettres géantes de chaque côté. Le logo au centre avec le trophée, et le trophée encore dans les raquettes. Un slogan dans les coins, près de la ligne à trois points. Les couleurs choisies pour contraster avec les maillots. Ils servent pour les groupes, les quarts et les demi-finales.
Elle a voulu savoir si c’était pour bien jouer. J’ai dit que c’était pour bien se voir.
Let me tell you, en 2000, quand je suis arrivé à Charleroi avec un sac, le sol de la salle avait des lignes de badminton partout. Le premier soir, j’ai fait mon box-out sur une ligne verte. Mon coach m’a dit : la noire, Darnell, regarde la noire. J’ai mis un mois. Après, je ne voyais plus que la noire. Les autres couleurs, c’était le décor.
Ma mère a écouté tout ça. Elle a demandé si le dernier tour, celui d’Indianapolis, se jouait aussi sur un sol peint. J’ai relu : non, le texte dit que ces parquets-là s’arrêtent aux demi-finales. Pour la finale, je n’en sais pas plus.
Il y a eu un silence, le silence de l’Indiana.
Elle a dit : tu vois, à la fin, on revient toujours au parquet de quelqu’un d’autre.
Je lui ai dit que c’était exactement ce qui m’était arrivé. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




