Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Je lui ai dit que le Thunder allait retirer le numéro 0 de Russell Westbrook, le 7 février, contre les Knicks. Elle regardera. Chez elle, le match est à une heure normale. Chez moi, trois heures et demie du matin.
Elle se souvenait de 2008. Moi aussi. Il a été choisi en quatrième position de la Draft, quelques semaines avant que la franchise s’installe à Oklahoma City. Il est arrivé avant la ville, en somme. Let me tell you, je connais ça. Je suis arrivé à Charleroi en 2000 avec un sac, la salle avait des lignes de badminton, et personne ne savait encore très bien ce que je faisais là. Lui est resté onze saisons. Moi un quart de siècle, mais on ne retire rien.
Je lui ai lu les chiffres. MVP en 2016/17. Une saison en triple-double de moyenne, le premier depuis Oscar Robertson, puis encore deux de suite. Quarante-deux triple-doubles en une saison. Deux cent neuf en carrière, un record.
Elle a fait un silence. Puis elle a demandé, comme toujours, si quelqu’un l’avait défendu.
J’ai dit oui, sûrement, pendant dix-huit saisons. Et que dix rebonds par match, c’est du box-out, ça aussi. Les fundamentals. Mes U10 du dimanche, je leur dis de prendre le rebond avant de penser au panier. Ils pensent au panier.
Shai Gilgeous-Alexander a dit : « Il a posé les fondations de ce qu’est le Thunder aujourd’hui ». Je l’ai traduit pour ma mère, puis je me suis rendu compte qu’elle lit Basket USA mieux que moi.
Elle a dit : alors c’est lui qui défendait, sur le rebond. Elle a dit : tu vois.
Le fait est vrai, on a vérifié : Basket USA.




