Dimanche, après le dîner, j’ai appelé ma mère en Indiana. Elle avait vu 60 Minutes, sur CBS. Victor Wembanyama y racontait qu’il est allé à l’entraînement des Spurs pieds nus, et qu’un rookie lui a dit qu’il ne savait pas qu’on pouvait simplement ne pas porter de chaussures. Ma mère m’a demandé : « Et toi, tu savais ? »
Let me tell you : en 2000, je suis arrivé à Charleroi avec un sac. Dans le sac, il y avait deux paires de chaussures, parce que mon coach de l’université m’avait dit qu’en Europe on ne savait jamais. Le sac a tenu. Les chaussures, moins. Une salle avec des lignes de badminton, un chauffage qui avait ses humeurs : je n’aurais jamais enlevé mes chaussures dans cette salle-là en novembre. Personne ne me l’a proposé non plus.
Wembanyama dit qu’il essaie de marcher pieds nus autant que possible et de porter des chaussures minimalistes. Il dit que les pieds jouent un rôle bien plus important qu’on ne le pense. Je l’ai répété à ma mère. Elle a trouvé ça raisonnable. Ma mère trouve raisonnable tout ce qui ressemble à un conseil de grand-mère.
Puis je lui ai parlé de mes U10 du dimanche matin. La première chose que je fais, à neuf heures, ce n’est pas le box-out. C’est les lacets. Je fais le tour du banc, je refais des doubles nœuds, ça prend dix minutes, parfois plus. Les fundamentals, c’est ça aussi.
Ma mère a réfléchi. Elle m’a demandé : « Et ce rookie, qui lui a appris à faire ses lacets ? » J’ai dit que je ne savais pas, quelqu’un, un dimanche matin, sûrement un coach bénévole quelque part. Elle a dit : tu vois. Il a appris les chaussures avant d’apprendre qu’on pouvait les enlever. Dans le bon ordre.
Elle a raison. Dimanche prochain, je refais les doubles nœuds.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




